Coliques du bébé allaité : les gestes qui apaisent

Coliques du bébé allaité : les gestes qui apaisent

Allaitement et coliques : comment soulager bébé ? 

En résumé :  

  • Les coliques sont fréquentes chez le nourrisson : les pleurs peuvent être intenses, avec un pic autour de 6 à 8 semaines, avant de s’atténuer progressivement. 

  • L’allaitement et le lait maternel ne sont généralement pas en cause : il n’est pas nécessaire de modifier son alimentation, sauf en cas d’allergie suspectée par un professionnel de santé. 

  • Pour apaiser bébé, commencez par vérifier ses besoins, puis privilégiez le contact, le portage, un massage doux du ventre et un environnement calme. 

  • Certains signes nécessitent un avis médical : refus de s’alimenter, mauvaise prise de poids, vomissements importants, sang dans les selles ou pleurs inhabituels doivent conduire à consulter. 

 

Votre bébé se tortille, pleure longuement, serre les poings ou semble difficile à apaiser, souvent en fin de journée ? Ces épisodes peuvent faire penser aux coliques du nourrisson. Elles sont fréquentes pendant les premiers mois et peuvent être particulièrement déstabilisantes lorsque vous allaitez : votre lait est-il en cause ? Faut-il modifier votre alimentation ? Peut-on faire quelque chose pour soulager les coliques ? 

 

Rassurez-vous sur un point : des pleurs prolongés ne signifient pas que votre lait maternel ne convient pas à votre bébé. Les coliques peuvent survenir chez un nourrisson par ailleurs en bonne santé et atteignent souvent leur maximum autour de 6 à 8 semaines (1). 

Comment reconnaître les coliques du nourrisson ?

Les « coliques » désignent couramment des périodes de pleurs prolongés et inexpliqués chez les tout-petits. Votre bébé peut sembler très agité, ramener ses jambes vers son ventre ou rester difficile à consoler, même après avoir mangé ou été changé. 

Ces pleurs prolongés sont fréquents et peuvent durer jusqu’à deux heures par jour, avec un pic autour de 6 à 8 semaines (1). 

Cela ne signifie pas pour autant que chaque pleur vient du ventre. Les premiers mois, votre enfant pleure aussi pour exprimer la faim, la fatigue, un inconfort ou simplement son besoin d’être pris dans les bras. Même un bébé en bonne santé peut pleurer en moyenne jusqu’à deux heures par jour (2). 

Pourquoi votre bébé a-t-il des coliques ? 

Il n’existe pas toujours une cause précise à identifier. Et c’est justement ce qui peut être frustrant pour les parents : votre bébé a mangé, sa couche est propre, il n’a pas de fièvre mais il continue à pleurer. 

Bon à savoir : Si votre nourrisson grandit bien et ne présente pas d’autres symptômes, ces épisodes ont généralement tendance à diminuer progressivement avec le temps. 

 

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Allaitement et coliques : votre lait peut-il être en cause ? 

Lorsque les pleurs surviennent juste après une tétée, il est facile de faire le rapprochement avec l’allaitement. Pourtant, une colique ne signifie pas que votre lait maternel est « mauvais » ou mal adapté. 

Le lait maternel répond aux besoins nutritionnels du nourrisson pendant ses premiers mois. Le rythme et la durée des tétées peuvent varier d’un enfant à l’autre : l’important est de vous adapter aux signes de faim et de rassasiement de votre bébé (3). 

Si les tétées sont difficiles, que votre bébé lâche souvent le sein, s’agite ou semble inconfortable pendant qu’il boit, vous pouvez en parler à une sage-femme, à votre pédiatre ou à un professionnel de l’allaitement. Un regard extérieur peut parfois vous aider à trouver une position plus confortable pour vous deux. 

Faut-il faire faire un rot après la tétée ? 

Certains bébés avalent de l’air lorsqu’ils tètent et apprécient une petite pause après le repas. Vous pouvez garder votre bébé contre vous quelques minutes et voir s’il en ressent le besoin. 

Tous les bébés ne font pas forcément un rot après chaque tétée. Certains en ont besoin presque à chaque fois, d’autres beaucoup moins : vous pouvez simplement observer votre bébé et voir ce qui lui convient le mieux. 

 

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L’alimentation de la mère peut-elle provoquer des coliques ? 

C’est souvent l’une des premières questions que l’on se pose. Chou, brocoli, légumineuses, fromage, plats épicés… faut-il commencer à supprimer des aliments lorsque votre bébé pleure beaucoup ? 

Pendant l’allaitement et durant le post partum, l'alimentation de la maman doit rester variée et équilibrée. Il n’est généralement pas utile d’écarter certains aliments de vos repas uniquement parce que votre bébé a des coliques (4). 

Et le lactose ? 

Le lactose est le sucre naturellement présent dans le lait. Chez les nourrissons, l’intolérance au lactose est considérée comme exceptionnelle. Des coliques ne suffisent donc pas, à elles seules, à conclure à une intolérance au lactose. 

Faut-il supprimer le lait de vache de son alimentation ? 

Là encore, pas sans raison précise. 

Une allergie aux protéines de lait de vache peut provoquer chez le nourrisson différents symptômes digestifs et parfois cutanés. Lorsque cette allergie est réellement suspectée par un pédiatre, une éviction des protéines de lait de vache peut être proposée pendant une période définie, puis suivie d’une réintroduction afin de vérifier le lien avec les symptômes (5). 

Cette démarche gagne donc à être accompagnée par un professionnel de santé. Des coliques isolées ne sont pas une raison suffisante pour supprimer spontanément lait, fromage et autres produits laitiers de votre alimentation. 

Comment soulager les coliques de votre bébé allaité ?

Quand une crise commence, vous aimeriez forcément trouver LE geste qui fonctionne à chaque fois. Malheureusement, il n’existe pas une seule solution valable pour tous les bébés. Vous pouvez en revanche essayer différentes façons de l’apaiser et observer celles qu’il apprécie. 

Commencez par vérifier ses besoins 

Avant de penser aux coliques, vérifiez simplement si votre bébé a faim, besoin d’être changé, trop chaud, trop froid ou envie de dormir. 

Si tout semble aller de ce côté-là, votre présence peut déjà faire beaucoup. Il est notamment conseillé de prendre votre bébé dans les bras, de lui frotter doucement le ventre, de réduire la lumière et les stimulations ou encore de le bercer avec des mouvements lents (6). 

Le contact pour l’apaiser 

Certains nourrissons se calment lorsqu’ils sont portés contre leur parent. Une promenade dans les bras, en poussette ou dans un porte-bébé adapté peut aussi leur apporter du réconfort (6). 

Vous pouvez également essayer un massage très doux du ventre si votre bébé semble apprécier. L’idée n’est pas d’insister ni d’appuyer, simplement de lui offrir un moment calme et rassurant. 

La musique douce, votre voix ou quelques minutes dans une pièce moins lumineuse peuvent également aider lorsque la journée a été riche en stimulations (6). 

Peut-on proposer le sein pendant une crise ? 

Oui, si votre bébé montre des signes de faim ou recherche la prise du sein. La succion peut aussi être apaisante. 

Mais tous les pleurs ne signifient pas forcément « j’ai faim ». Votre bébé peut également avoir besoin de dormir, d’être porté ou simplement de retrouver un environnement plus calme. 

Pendant les tétées, essayez surtout de vous installer confortablement et de laisser votre bébé boire à son rythme. 

Et si le lait arrive très vite ? 

Chez certaines femmes allaitantes, le lait peut arriver avec beaucoup de force ou être produit en quantité importante. Votre bébé peut alors avaler très vite, tousser, lâcher le sein, s’agiter pendant la tétée ou sembler plus gêné par des gaz. 

Dans ce cas, certaines positions plus inclinées, avec votre bébé placé au-dessus du sein, peuvent l’aider à mieux gérer le débit. Vous pouvez aussi faire une courte pause lorsque le lait arrive très fort, puis remettre votre bébé au sein une fois le flux un peu ralenti. Si cela se répète souvent, mieux vaut en parler à une sage-femme ou à un professionnel de l’allaitement (6). 

Les médicaments ou compléments sont-ils utiles contre les coliques ?

Face à des pleurs répétés, la tentation est compréhensible : gouttes probiotiques et différents produits sont présentés aux parents comme des aides possibles. 

Pour un nourrisson, mieux vaut toutefois éviter d’utiliser un médicament ou un complément de votre propre initiative. L’âge, les symptômes et l’état de santé de votre enfant comptent dans le choix de ce qui peut lui être proposé. 

Demandez l’avis de votre médecin, pédiatre ou pharmacien avant toute utilisation. Ce qui a aidé le bébé d’un proche n’est pas forcément adapté au vôtre. 

Quand les pleurs doivent-ils amener à consulter ? 

Vous connaissez peu à peu les habitudes de votre bébé. Si ses pleurs changent brutalement ou s’accompagnent d’autres signes, mieux vaut demander un avis médical. 

Consultez notamment si votre nourrisson refuse de s’alimenter, ne prend plus correctement du poids, présente des vomissements importants ou verdâtres, du sang dans les selles, un comportement très inhabituel ou un ventre particulièrement gonflé et douloureux (1, 5). 

De même, si votre bébé ne pleure vraiment pas comme d’habitude et que rien ne parvient à le consoler, contactez un professionnel de santé (2). 

Et si les coliques deviennent difficiles à vivre pour les parents ? 

Des pleurs répétés, notamment le soir ou la nuit, peuvent être très éprouvants. Vous n’avez pas à gérer ces moments seuls. 

Si vous sentez que la tension monte, couchez votre bébé en sécurité sur le dos dans son lit, quittez momentanément la pièce et demandez de l’aide à un proche ou à un professionnel. Un nourrisson ne doit jamais être secoué (7). 

Pendant cette période, acceptez aussi le soutien que l’on vous propose. Passer le relais quelques minutes, se reposer ou simplement parler de ces journées difficiles peut faire une vraie différence. 

Continuez à observer votre bébé, testez les gestes qui semblent l’apaiser et parlez-en à un professionnel si quelque chose vous inquiète. Les premières semaines peuvent être intenses, mais ces épisodes ont tendance à s’atténuer à mesure que votre nourrisson grandit. 

FAQ : vos questions sur l’allaitement et coliques

Les bébés allaités ont-ils moins de coliques que les bébés au biberon ? 

Les coliques concernent les bébés allaités comme ceux nourris au biberon. Elles surviennent chez des nourrissons par ailleurs en bonne santé et ne traduisent pas un lait mal adapté (1). Le mode d’alimentation n’est donc pas le bon indicateur : observez plutôt le déroulement des repas, la façon dont votre bébé prend le sein, son confort pendant qu’il boit et sa prise de poids. 

Faut-il donner un seul sein par tétée en cas de coliques ? 

Il n’existe pas de règle valable pour tous les bébés. Le plus simple est de laisser votre bébé finir le premier sein et le lâcher de lui-même, afin qu’il profite aussi du lait de fin de tétée, plus riche en graisses, puis de proposer le second s’il montre encore des signes de faim (3). Si vous produisez beaucoup de lait ou si l’éjection est très forte, une sage-femme ou un professionnel de l’allaitement pourra vous aider à ajuster le déroulement des tétées (6). 

Le café et le thé pendant l’allaitement peuvent-ils aggraver les coliques ? 

La caféine passe en petite quantité dans le lait maternel. Une consommation modérée, de l’ordre de 200 mg par jour, soit environ deux tasses de café, est considérée comme sans risque pour le nourrisson allaité (8). Les premières semaines, et davantage encore en cas de prématurité, votre bébé élimine la caféine plus lentement : certains nourrissons se montrent alors plus agités ou dorment moins bien. Si vous suspectez un lien, réduisez votre consommation quelques jours et observez. Les boissons énergisantes sont à éviter pendant l’allaitement (9). 

Que manger quand on allaite pour éviter les coliques ? 

Aucun régime particulier ne permet d’éviter les coliques. Pendant l’allaitement, l’objectif reste une alimentation variée et équilibrée, sans écarter par précaution le chou, les légumineuses, les plats épicés ou les produits laitiers (4). Une éviction n’a de sens que si un professionnel de santé suspecte une allergie, par exemple aux protéines de lait de vache : elle est alors conduite sur une durée définie, puis suivie d’une réintroduction pour vérifier le lien avec les symptômes (5). 

Sources 

(1) Assurance Maladie — Régurgitations du nourrisson : que faire ? 

(2) Assurance Maladie — 3 examens de suivi médical jusqu’aux 2 mois du nourrisson 

(3) Assurance Maladie — Les premiers mois de votre bébé : du lait uniquement 

(4) Assurance Maladie — Médicaments et allaitement 

(5) Assurance Maladie — RGO du nourrisson : le diagnostic et la prise en charge 

(6) La Leche League International — Lait abondant et éjection rapide du lait 

(7) Assurance Maladie — Syndrome du bébé secoué 

(8) EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) : Avis scientifique sur la sécurité de la caféine (« Scientific Opinion on the safety of caffeine »), EFSA Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies (NDA), EFSA Journal 2015;13(5):4102, adopté le 23 avril 2015 et publié le 27 mai 2015, DOI : 10.2903/j.efsa.2015.4102 

(9) Anses : Avis relatif à l’évaluation des risques liés à la consommation de boissons dites « énergisantes », saisie n° 2012-SA-0212, signé le 6 septembre 2013 et publié le 1er octobre 2013